Cartes d’identité et d’électeur au creux de sa main, Maxime, 19 ans, est prêt à se rendre aux urnes. « J’ai signé ma carte d’électeur », a-il fait remarquer au journal La Croix  avec fierté avant d’entrer dans son bureau de vote de La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique).

Sa mère et sa sœur de 22 ans, qui l’accompagnent, lui ont expliqué dans les grandes lignes les programmes de chaque liste. Pour éviter d’avoir à plier un grand bulletin dans l’isoloir, ce jeune homme atteint d’une maladie génétique rare, occasionnant retard des apprentissages et troubles du comportement, l’avait déjà préparé à la maison.

« C’est un peu difficile à mettre dans l’enveloppe », confie-t-il en sortant du bureau, le sourire aux lèvres. Depuis le 23 mars 2019, les majeurs en situation de handicap sous tutelle n’ont plus besoin de l’autorisation du juge pour voter, comme le prévoyait auparavant le code électoral. Une belle avancée selon sa mère, Véronique. « Depuis qu’il est petit, on l’emmène voter avec nous. Quand il a reçu sa carte d’électeur, c’était un signe fort. Il peut remplir son rôle de citoyen ».

Depuis six ans, sa commune organise des simulations de scrutin avant chaque élection (sauf les municipales), pour permettre aux personnes en situation de handicap de dédramatiser ce moment très codifié. La dernière remonte au 30 mars 2019, en prévision des Européennes.

La salle de cérémonie de la mairie avait été transformée en bureau de vote et de faux bulletins (aux noms de Mme Marguerite, Mme Fraise ou M. Renard) avaient été édités pour l’occasion. Après s’être vus expliquer les enjeux du vote en présence du maire, les électeurs fictifs ont pu endosser tous les rôles (président, assesseur) puis participer au dépouillement.

« Cela permet de régler plein de petites choses pour être confiant le jour J, note Dominique Le Berre, adjointe à l’action sociale. Comme ne pas glisser deux bulletins dans l’enveloppe, par exemple ».

Pour la mère de Maxime, ce premier vote « fait pleinement partie de sa prise d’autonomie ». Elle ne croit pas si bien dire : « La prochaine fois, j’ai envie d’y aller tout seul, lance-t-il avec assurance. Je sais faire maintenant ».

Article tiré du Journal « La Croix ». Retrouvez l’article source ICI.

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