Jour 1, Nadège prend la parole face à la caméra de Rémy Viville. Elle revient sur cette mobilité, sur ses attentes et ses envies vis à vis de la formation que nous recevons au Canada mais aussi du projet européen Change2Regard en lui-même.

Photo de Nadège de lassociation létape

 

Nadège représente l’association l’Étape qui est partenaire français sur l’axe Lien Social. Dans les faits, elle travaille plus particulièrement sur le recensement des besoins des personnes en situation de handicap autour de la vie affective, sexualité, parentalité et accès au logement.

Un projet européen ? Oui mais pourquoi ?

Nadège nous explique que pour elle, le handicap est une forme d’inadaptation de la société plus qu’une caractéristique de la personne en elle même. Le projet Change2Regard étant un projet sociétal cela fait sens avec sa définition du handicap. Elle nous explique qu’elle participe à ce projet, et plus particulièrement à cette mobilité pour être “heurtée” dans ses convictions. La remise en question est au centre de son engagement, remise en question de ce qu’elle croit, de ses pratiques, de son environnement. Ce qu’elle envisage c’est le partage, l’échange afin de pouvoir se nourrir d’informations et ensuite les partager. Selon elle ce projet a la possibilité de changer nos façons de penser le handicap en tant qu’individu, que professionnel mais également ce projet peut avoir une résonance politique d’un point de vue territorial mais également national.

Aujourd’hui, dans ton environnement, quelle est la place des personnes en situation de handicap ?

“Une place particulière et ça me dérange” Nadège nous explique qu’elle rêve d’une société dans laquelle la personne en situation de handicap est devenue tellement intégrée qu’elle en devient “invisible”. Elle nous explique que le simple fait de poser la question du handicap la dérange car celle-ci devrait être incluse dans nos réflexions car nous parlons d’humain. Elle nous explique ensuite que le projet européen pourrait permettre un changement de conception radical : ne pas partir de difficultés ou des incapacités d’une personne mais prendre en compte en premier lieu ses envies, comme elle les exprime. C’est le sujet de la formation que nous vivons en ce moment à Québec.

Séance de travail à québec - Réunion

La place de la personne en situation de handicap et l’autodétermination

Nadège nous explique que pour elle, l’autodétermination réside dans la capacité des personnes, handicap ou pas, à faire des choix, à construire des projets, à réaliser les différentes étapes de sa vie à partir de sa personnalité, de son histoire, de sa sensibilité.

De plus, Nadège nous partage son appréhension face à la mise en œuvre. Elle développe l’idée que la première étape est de déconstruire la façon dont les professionnels accompagnent les personnes différentes. Etant donné qu’aujourd’hui la société nous demande une évaluation chiffrée, généralement plus quantitative que qualitative, nous sommes actuellement en train d’évaluer les incapacités, plus que les potentialités. Elle rajoute que pour les professionnels de terrain, ce changement de considération de la personne en situation de handicap change la relation que ces derniers ont avec les personnes. “L’autodétermination implique que les professionnel accompagne les envies d’une personne telle qu’elles sont exprimées et non pas tel qu’il est possible et souhaitable selon la société” nous explique-t-elle, cependant Nadège nuance son propos en expliquant que la bienveillance et l’éthique présente chez les professionnels permettront une compréhension rapide de cette méthode novatrice.

Nadège conclut cette interview en nous expliquant qu’elle compte retranscrire à ses équipes cette formation, et pourquoi pas réaliser avec les partenaires français une journée de formation pour les équipes, si possible avec Patrick Fougeyrollas qui nous a délivré cette formation !

Une séance de travail à Québec