Jour 1, Vincent prend la parole face à la caméra de Rémy Viville. Il revient sur cette mobilité, sur ses attentes et ses envies vis à vis de la formation que nous recevons au Canada mais aussi du projet européen Change2Regard en lui-même.

Photo de Vincent de la Ferme Nos Pilifs

 

Vincent représente l’association Nos Pilifs, de Belgique et son implication s’étend sur l’axe “Mobilité” avec pour but la création d’une application mobile pour faciliter les déplacements pour les personnes en situation de handicap notamment dans le cadre du Service Citoyen Européen.

Un projet européen ? Oui mais pourquoi ?

Vincent nous explique que ses attentes face au projet Change2Regard sont surtout de la collaboration. La création d’une synergie qui renforce l’ouverture d’esprit et qui permet de changer le regard avec un poids plus important. Dans la pratique en Belgique, cela se traduit par la volonté de s’adresser au personnes différente et de leur dire qu’il est possible de faire un Service Citoyen Européen et que des moyens vont exister (l’application développée dans le cadre de Change2Regard) afin de faciliter les mobilités. Ce projet européen c’est aussi l’occasion d’alerter les politiques publique sur l’ouverture du Service Civique Européen pour tous !

Aujourd’hui, dans ton environnement, quelle est la place des personnes en situation de handicap ?

Vincent nous partage sa vision et commence avec cette phrase “Oufti il y a du travail !”. Il nous explique qu’à l’heure actuelle la place accordée aux personnes différentes est assez restreinte. On considère beaucoup l’aspect fonctionnel (aménagement de son lieu de vie, rampes, passages piétons sonore…) mais on considère peu les envies. Cela se ressent notamment dans les administrations qui ont besoin que les personnes rentrent dans des cases et qui ne considère pas la personne dans son ensemble, avec son histoire et ses envies. Cependant il existe certains lieux, comme la ferme Nos Pilifs, dans lesquels il est possible grâce à des projets de considérer la personne en situation de handicap dans sa globalité, avec ses envies et ses besoins et non avec des cases à cocher.

Photo de la formation dans une grande salle avec toute l'équipe de la mobilité Canada

Après la première journée, quel bilan ?

Vincent nous explique que la formation remet en contextualité l’histoire du handicap. Et notamment les évolutions des modèles de recherches, de production en se détachant de plus en plus de l’aspect uniquement médical d’un diagnostic. Cela permet d’intégrer également les envies, les capacités des personnes, son environnement etc. Ainsi le modèle MDH-PPH (Modèle de Développement Humain – Processus de Production du Handicap) se crée en interconnaissance de ces différents facteurs. Il nous explique que concrètement, cela permet de mettre la personne au centre et de sortir des chemins tout tracés qui ne se croisent jamais. Il conclut “ On est au bon endroit !”

 

La place de la personne en situation de handicap et l’autodétermination

Selon Vincent, l’autodétermination c’est lorsque que la personne est actrice de ses envies, de ses rêves, de ses besoins. L’expérience de vie, c’est aussi vivre des échecs et avancer. L’autodétermination c’est permettre aux personnes de se tromper et de vivre l’expérience de l’échec selon leurs envies. Dans le cadre de la ferme Nos Pilifs, Vincent nous explique que le statut d’entreprise reste un frein dans l’autodétermination totale des travailleurs car c’est un secteur qui ne permet pas une entière liberté. Cependant il existe des moyens de permettre cette autodétermination comme les projets pilotes. 



Vincent conclut cette interview en nous expliquant que cette formation que nous sommes entrain de vivre à Québec va être retranscrite à ses équipes afin d’avancer sur la question de la place des personnes en situation de handicap.

Une photo de flyers autour du handicap à Québec